Les bénéfices de la musique sur le cerveau

Les bénéfices de la musique sur le cerveau
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Publié le 29 avril 2020

La musique est à l’origine d’expérience subjective chez l’Homme. En effet, du fait de sa complexité, elle est devenue une discipline à part entière dans les domaines de recherches comme les neurosciences cognitives. Aujourd’hui, de nombreuses études scientifiques sont réalisées sur la musique et une partie de ces études montrent que celle-ci peut avoir des effets thérapeutiques ainsi qu’un impact important sur le cerveau humain.

Le premier instrument de musique date de 30 à 40 000 ans, et cela fait environ 100 000 ans que l’Homme est capable de produire de la musique. Aujourd’hui la musique est définie comme l’art qui permet à l’homme de s’exprimer par l’intermédiaire des sons. Ou encore comme la science des sons considérés sous le rapport de la mélodie et du rythme. Elle est pratiquée partout dans le monde et a une place culturelle importante.

Le cerveau musicien

 

Pratique de la musique et enseignement sur le cerveau

La pratique de la musique est une activité complexe qui fait appel à différentes zones du cerveau et donc à de nombreuses fonctions cognitives. Lorsqu’un musicien joue de son instrument, il fait appel à ses capacités auditives mais aussi visuelles (pour lire la partition et regarder ses mains). Enfin il sollicite aussi sa proprioception afin de déplacer ses doigts/ses mains correctement sur l’instrument.

Hervé Platel, chercheur à l’unité Inserm U1077, a réalisé des travaux permettant de cartographier la mémoire musicale chez des sujets musiciens et non-musiciens. Il a alors pu mettre en évidence chez les musiciens une hypertrophie d’une région du cerveau, l’hippocampe. C’est une région cérébrale clé dans la mémoire. Elle est aussi une des rares à produire de nouveaux neurones tout au long de la vie.

D’autres études ont pu montrer que la pratique d’un instrument de musique débutée jeune et poursuivie sur du long terme (> 10 ans) permet

  • une amélioration des performances de mémoire verbale,
  • et des aptitudes visuo-spatiales
  • ou encore de la planification à un âge avancé (entre 60 et 83 ans).

 

Musicien ou non musicien

Mais si vous n’êtes pas musicien, ne vous inquiétez pas, une étude réalisée chez des personnes âgées d’environ 70 ans et n’ayant jamais pratiquées d’un instrument de musique a montré que 6 mois de pratique du piano, à raison de 3h par semaine, amélioraient les capacités de traitement visuel, la planification, la concentration et l’attention. Ces effets bénéfiques sont observables jusqu’à 3 mois après l’arrêt de la pratique. Il n’est donc pas trop tard pour apprendre à jouer d’un instrument !

 

Mécanismes cognitifs du cerveau

Enfin, la pratique de la musique modifie à la fois le fonctionnement et la structure du cerveau et a également un impact sur des régions cérébrales impliquées dans des mécanismes cognitifs de haut niveau telles que l’attention ou la mémoire. La mémoire étant un enjeu clé dans certaines pathologies neurodégénératives, ses travaux se sont poursuivis avec l’étude de la musique chez des malades atteints de la maladie d’Alzheimer.

 

Musique et maladie d’Alzheimer

 

La musique possède des vertus sur différentes maladies comme la maladie d’Alzheimer et plus particulièrement sur la mémoire des malades.

Au cours de ses travaux, Hervé Platel a pu mettre en évidence que lorsque ces patients participaient à des ateliers de chants, ceux-ci présentaient une amélioration de leur mémoire. Après plusieurs mois à suivre ces ateliers, les patients arrivent à fredonner l’air d’une chanson. Ces résultats sont en accord avec de nombreuses études qui suggèrent que la pratique musicale aurait un effet protecteur vis-à-vis des maladies neurodégénératives. Cette pratique permettrait de soutenir une réserve cognitive et ainsi retarder les symptômes des maladies.

La musique devient donc intéressante dans la prise en charge des patients car elle peut être considérée comme le seul canal de communication possible à un stade avancé de la pathologie. Lors des ateliers, il a pu être remarqué un apprentissage qui peut être implicite ou inconscient. En effet, les patients sont capables de se rappeler des contextes d’apprentissages de ces nouvelles informations et de préciser si celle-ci sont récentes ou anciennes.

Une étude réalisée en 2017 s’est concentrée sur la mémoire autobiographique chez les patients Alzheimer. Dans cette étude, l’hypothèse était que la musique est un bon médiateur facilitant l’accès à la mémoire épisodique.

Ces travaux ont pu mettre en évidence que la qualité des souvenirs rappelés s’améliorait lorsque les souvenirs sont indicés par de la musique chez les patients Alzheimer. La musique améliore donc l’accès aux souvenirs personnels chez ces patients.

 

Musique et autres pathologies

 

D’autres travaux ont porté sur l’impact de la musique chez des personnes ayant subi un AVC. Il a pu être montré que la pratique du piano ou l’écoute de la musique favorisent la rééducation des victimes d’un AVC.

Dans le cas d’aphasie (trouble du langage), la musique permet de répéter des mots ou des phrases tout en les chantant.

Des effets ont pu être observés aussi dans la maladie de Parkinson avec la pratique de la danse ou l’écoute de la musique qui permet une diminution des rigidités musculaires ainsi que des troubles de l’équilibre. Toutefois, aucune étude n’a encore été menée pour montrer statistiquement les effets. Une chercheuse canadienne (Jessica Grahn) a pu mettre en évidence que les patients Parkinsoniens réussissaient à l’écoute de la musique à allonger leur pas et à accélérer leur marche au lieu de rester figés.

Ses travaux se poursuivent avec une étude de l’optimisation de cette utilisation de la musique.

 

La musique au travail

 

Une étude menée par LinkedIn et Spotify a révélé que près de 80 % des Français estiment que la musique améliore leur productivité au travail.

Dans le contexte actuel de confinement, réussir à se concentrer peut se révéler être un vrai casse-tête. Mais une des solutions peut être de se créer une bulle sonore avec de la musique. En effet, pour travailler, il est possible d’écouter de la musique. Cela permet au cerveau de ne plus recevoir qu’une seule information extérieure sonore : celle que vous avez choisie.

Toutefois, cette musique ne doit pas être n’importe laquelle. Il faut choisir une musique sans paroles et relativement douce qui ne va pas activer les régions cérébrales nécessaires à la compréhension sémantique. La musique est alors considérée par le cerveau comme un bruit et ne sera plus traitée par le cerveau de façon systématique.

Toutefois, la capacité à travailler en musique est dépendante de chacun. De nombreux styles de musique existent, à vous de trouver celui qui vous correspond le mieux pour travailler.

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Par Charlotte TOSO,

Rédactrice scientifique chez ABGI France


Bibliographie

 

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