Les smartphones : Du consommateur vers l’utilisateur

Les smartphones : Du consommateur vers l’utilisateur
  • apple -
  • capteur -
  • processeur -
  • RAM -
  • samsung

Publié le 16 juillet 2020

Nous avons eu l’occasion d’évoquer dans un précédent article la merveille de technologie que représentent les smartphones. Cet ordinateur ultraportable, qui accompagne la majeure partie d’entre nous au quotidien, nous met en lien avec nos proches, amis et collègues.

Remontons de quelques années en arrière, disons avant 2010, année durant laquelle la vente de smartphones a plus que doublé (+ 138 %) [1]. Il s’agit d’un tournant marquant qui enseigne une chose. Un accès réduit, voire inexistant, à internet rend le smartphone bien moins omniprésent. Certes, de nombreuses personnes arboraient déjà des modèles capables d’aller sur internet de façon modérée. Néanmoins, cette capacité a augmenté de façon très importante par après. Et les smartphones d’aujourd’hui sont alimentés par un flux constant d’informations provenant d’internet qui n’a rien de comparable avec leurs ancêtres pré-2010.

En outre, ces appareils évoluent de plus en plus en gammes au fur et à mesure des avancées technologiques. De telle sorte qu’actuellement, l’on peut trouver un smartphone entre 50 et 2 000 euros. Rien que cela !

La plupart des utilisateurs ont quelques notions : type d’écran, type d’authentification (biométrique), taille d’écran, RAM, processeur, nombre de mégapixels du capteur, etc. Cependant, leur utilisation s’avère bien souvent classique (messages, appels, quelques réseaux sociaux). Et en parallèle, les constructeurs redoublent de propositions de modèles. Il est alors difficile de s’y retrouver !

 

Les composants principaux d’un smartphone

 

Revenons alors brièvement sur ce qui compose un smartphone afin de comprendre ce sur quoi les modèles diffèrent réellement à l’utilisation.

 

Le processeur

En premier lieu, on peut évoquer le processeur. Bijou de technologie en lui-même, le processeur d’un smartphone comprend une finesse de composants qui le rend particulièrement économe en énergie. Du moins, si on le compare à des processeurs classiques (Intel, AMD, etc.) qui n’ont pas été conceptualisés pour la portabilité. Il s’agit d’une architecture ARM, qui a son propre jeu d’instructions. En parallèle, une telle conception repose sur une répartition des calculs entre des cœurs basse consommation et des cœurs plus puissants. Plus le processeur comporte de cœurs, plus leur cadencement est élevé, plus le smartphone monte en gamme. Basique !

 

La RAM

Également, un point d’intérêt est le compagnon du processeur, à savoir la RAM, une mémoire vive temporaire. Plus un smartphone a de RAM, plus il peut exécuter d’applications ou de tâches gourmandes en parallèle. Aussi, il s’agit d’un composant important pour les grands utilisateurs. Ces derniers pouvant cumuler de nombreuses applications en arrière-plan, et notamment des jeux.

 

Les capteurs

Parmi les composants les plus importants, les capteurs optiques d’un smartphone sont devenus incontournables. Il est d’ailleurs aujourd’hui difficile, si ce n’est impossible, de trouver un smartphone qui n’en dispose pas. Par ailleurs, avec l’augmentation du nombre de smartphones, les ventes d’appareils photographiques ont chuté d’un facteur 8 ces 10 dernières années. Passant de 121.5 millions d’exemplaires vendus en 2010 à 15.2 millions en 2019 [2]. La faute aux constructeurs de smartphones qui proposent des optiques de plus en plus performantes, affichant de plus en plus de mégapixels.

Néanmoins, les smartphones souffrent de la petite taille de leurs capteurs qui n’offrent pas des photosites très volumineux. Ces derniers ne captent alors pas tout le potentiel lumineux. Un grand nombre de mégapixels ne signifie donc pas grand-chose. C’est l’aspect logiciel qui s’avère important pour garantir une qualité d’image à la hauteur des attentes des utilisateurs.

Bien que les smartphones aient drastiquement progressé sur ce point, ce n’est que depuis quelques années que la photographie sur smartphone atteint une réelle qualité. D’abord proposée en haut de gamme, elle occupe actuellement le milieu de gamme.

 

L’écran

Un autre composant plus connu et plus visible lors du choix d’un smartphone est l’écran. Ce dernier est généralement proposé avec la technologie LCD (Liquid crystal display) ou Amoled[1] (Active-matrix organic light emitting diode). Si pour la plupart des utilisateurs il ne s’agit que d’une différence de « profondeur des noirs », il faut savoir que la technologie diffère réellement.

Les écrans en technologie LCD sont constitués d’un ensemble de pixels dont chacun est composé de 3 sous-pixels de couleur (RGB[2]). La luminosité de l’écran dépend d’une couche supplémentaire dont le réglage lumineux est uniforme. Cette couche, vous la connaissez sous le nom de rétro-éclairage. Elle est nécessaire, car les pixels d’une dalle LCD n’émettent pas de lumière par eux-mêmes.

Au contraire, un écran en technologie Amoled est constitué de groupes de 4 sous-pixels (RGB+W[3]). Ils émettent leur propre lumière de façon individuelle en plus de générer de la couleur. Ainsi, un pixel « noir » est tout simplement éteint. Il consomme moins d’énergie qu’une luminosité « diffuse ». Il permet aussi une diversité de couleurs bien supérieure, de l’ordre de l’infini. En effet, celle-ci est dosée pour chaque pixel. Ainsi, vous comprendrez que le « mode sombre » de vos smartphones n’a pas qu’une vocation esthétique !

En raison de cette différence fonctionnelle, les écrans Amoled ne sont pas affectés par les angles de vision. Par ailleurs, ils proposent généralement une définition plus fine que les écrans LCD dont le nombre de pixels est plus faible à même format d’écran.

 

Le système d’exploitation

Enfin, on parle peu du système d’exploitation (OS – Operating system). Mais il s’agit pourtant d’un des éléments les plus importants. Il existe aujourd’hui de multiples versions d’Android comportant une surcouche du constructeur. Cependant, le suivi logiciel n’est pas équivalent d’une marque et d’un modèle à l’autre. En parallèle, il faut savoir que des OS ouverts existent et sont mis à jour par des communautés de développeurs, de façon bénévole, dans l’optique de proposer un OS fonctionnel et gratuit. À l’instar de Linux, il s’agit en fait de distributions d’Android accessibles depuis internet telles que, par exemple, LineageOS [3].

De son côté, Apple propose son propre système d’exploitation, iOS, et n’émet pas le souhait de proposer un système plus ouvert. En contrepartie, la société s’implique en moyenne plus longtemps sur la partie suivi logiciel qu’un bon nombre de constructeurs Android. Elle propose alors une expérience plus fermée et contrôlée, mais garantie fonctionnelle et sécurisée dans le temps.

 

L’évolution du marché

 

Certaines marques ont choisi par le passé de se placer dans le haut de gamme uniquement (Apple). Au contraire, d’autres se sont placées dans toutes les gammes : entrée, milieu et haut de gamme telle que Samsung. Ce dernier adresse traditionnellement la majorité du marché des smartphones en son fief, la Corée du Sud. Les stratégies varient et déjà, différents publics cibles existent. De l’utilisateur qui vise la simplicité d’usage au joueur exigeant qui s’attend à une technologie de puce dernier cri et à une RAM importante, tous peuvent trouver smartphone à leur poche.

Notons que le budget accordé à un smartphone a drastiquement augmenté ces dernières années (420 euros en moyenne en 2019 [4], à peine moins que les modèles les plus haut de gamme de 2010). Cela amène une concentration de l’offre sur un milieu de gamme pas si éloigné du haut de gamme, grâce à des compromis techniques sur des aspects moins importants.

 

Le milieu de gamme, nouveau terrain de la concurrence

 

Par ailleurs, ces dernières années, le marché s’est beaucoup ouvert en France. On peut notamment évoquer l’introduction de marques chinoises (Xiaomi, Oppo, OnePlus, Huawei, etc.). Celles-ci sont déjà bien connues dans leur pays d’origine pour leur placement milieu, voire début du haut de gamme. Ces dernières proposent des prix très concurrentiels. Ainsi, cette transformation entamée, l’on peut voir les grands du marché changer petit à petit de stratégie et/ou adresser de nouveaux publics afin de pouvoir adresser de nouveaux terrains.

Par exemple, Samsung a choisi de supprimer sa gamme « J » (entrée de gamme), et de revaloriser sa gamme « A » (milieu de gamme) [5]. En parallèle, l’entreprise continue de monter toujours plus en gamme avec des modèles aux caractéristiques techniques de plus en plus impressionnantes (écran Amoled UHD en 120 Hz, 12 Go de RAM, 5G, etc).

Apple

Tandis qu’Apple a introduit une porte d’entrée au haut de gamme avec des modèles incarnant des compromis techniques afin d’adresser un public plus large. Ainsi, l‘entreprise intègre de nouveaux consommateurs. Ce, dans une logique qui tend de plus en plus vers un commerce de services (Apple Arcade, iTunes, Apple Musique, Apple TV, etc.).

Ainsi, en 2018, Apple proposait une alternative moins haut de gamme à son modèle X/XS d’iPhone, à savoir l’iPhone XR. Ce dernier comporte la technologie propre à Apple, Face ID, mais propose un écran LCD plutôt qu’Amoled. Et aussi, une seule caméra, un corps composé de matériaux moins coûteux, etc. Après un succès retentissant et l‘occupation de pas moins de 3 % de parts de marché des smartphones en 2019 [6], [7], [8], cette logique se poursuit en fin d’année avec l’introduction de l’iPhone 11. Néanmoins, ce dernier n’est plus vu comme alternative au modèle haut de gamme, mais comme départ de sa collection : iPhone 11, 11 pro et 11 pro max. À l’heure où les batailles de spécifications techniques font rage, cette stratégie permet de se réconcilier avec un grand public dépassé par les nouveautés technologiques constantes. Néanmoins, les tarifs équivalent au haut de gamme Android et c’est la sortie de l’iPhone SE (2020) qui illustre enfin la stratégie actuelle d’Apple.

En élargissant son nombre de consommateurs tout en proposant un suivi logiciel plus long que la moyenne (5 ans minimum de mises à jour), Apple s’assure de pouvoir vendre ses offres de services au plus grand nombre. Et dans un second temps, de les retenir sur un long terme en centralisant toutes leurs données et leurs accès à ces différents services.

Samsung

De son côté, comme évoqué plus haut, le géant Samsung met l’emphase sur sa gamme « A » dont les représentants proposent en grande majorité des écrans bordeless et Amoled. Il n’est donc plus question d’une entrée de gamme en retrait en termes de technologies proposées. La stratégie vise plutôt à monopoliser l’entrée et le moyen de gamme. Pour ce faire, le constructeur affiche une logique linéaire de montée en gamme autour des composants décrits en amont (processeur, RAM, capteur, écran, etc.).

Samsung vise ainsi à atteindre toutes les bourses et tous les usages, en parallèle de ses démonstrations techniques (Galaxy Fold [9]), de sorte que chaque utilisateur trouve une réponse à son besoin, multipliant les modèles, ce qui peut parfois perdre l’utilisateur moyen qui ne s’y connaît pas forcément.

 

Et l’avenir du smartphone ?

 

Comme nous l’avons vu, les innovations technologiques permettent de tenir tête à une concurrence très sérieuse en proposant toujours pus de nouveautés et de confort aux utilisateurs. Néanmoins, en montant de gamme trop vite par rapport au public cible, on peut passer à côté de tout un pan d’utilisateurs.

Aussi, les constructeurs ont d’ores et déjà prouvé leurs facultés techniques et sont actuellement en train de prouver leur capacité à adresser des besoins variés. À la manière de Samsung qui a l’habitude d’un marché complet ou encore de Xiaomi ou Oppo qui savent adresser des besoins utilisateurs à des prix défiant toute concurrence dans le milieu de gamme. Il s’agit d’un marché très important en Chine, mais également en Inde, qui s’implante actuellement en Europe.

En conclusion, l’avancée des technologies dans le milieu du smartphone est confrontée à un consommateur devenu utilisateur, c’est-à-dire une personne maintenant bien accoutumée aux possibilités d’un smartphone, forte d’une expérience de 10 ans ou plus et dont l’implication dans les nouveaux développements devrait avoir sa place, l‘inventeur étant avant tout un utilisateur.

 

[1] Il s’agit d’une technologie OLED réservée aux petits écrans de nos smartphones.

[2] Red, Green, Blue.

[3] Red, Green, Blue, White.


Références bibliographiques

Retour en haut

Contact

Vous souhaitez des informations complémentaires, être contacté par un de nos experts ou convenir d’un rendez-vous.

Contactez-nous