AVC : comment le détecter et le prévenir avec un nouveau traitement

AVC : comment le détecter et le prévenir avec un nouveau traitement
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Publié le 5 novembre 2020

Les AVC ou accidents vasculaires cérébraux représentent aujourd’hui la troisième cause de décès en France. Ils arrivent après les maladies cardiovasculaires et les cancers. La France en recense environ 150 000 par an, ce qui correspond à un AVC toutes les 4 minutes. Malheureusement 30 000 personnes en décèdent  Il est donc intéressant de se questionner sur ses symptômes et conséquences. Mais aussi d’aborder une nouvelle piste de traitement envisageable.

Il existe deux types d’Accidents Vasculaires Cérébraux

 

  • L’AVC hémorragique
    Il représente 20 % des AVC. Il peut être dû à la rupture d’un vaisseau qui entraîne par la suite une hémorragie. Le sang se répand alors dans le tissu cérébral et l’endommage. L’hémorragie peut être méningée (5 % des cas) ou intracérébrale.
  • L’AVC ischémique
    Il représente 80 % des cas. Il s’agit d’une obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot qui va réduire, voire interrompre l’apport sanguin au cerveau. L’obstruction d’une artère par un caillot sanguin est la première cause de mortalité dans le monde.

L’infarctus cérébral qui représente donc 80 % des AVC est dû à une occlusion d’une artère qui peut avoir plusieurs causes : l’athérosclérose, les maladies des petites artères, les cardiopathies emboligènes, mais cette occlusion peut aussi avoir une cause indéterminée. Lorsque l’obstruction survient, il s’agit d’une urgence thérapeutique. Il faut détruire le caillot afin de rétablir le flux sanguin et éviter des dommages irréversibles.

En effet, un AVC provoque la mort des cellules nerveuses car elles ne peuvent plus se renouveler ni se multiplier. En fonction de la zone du cerveau touchée et de l’étendue des dommages, il peut entraîner d’importantes séquelles allant jusqu’au décès.

 

Les différents types de handicaps provoqués

 

50 % des personnes ayant eu un AVC présente un ou plusieurs handicaps à la suite de cet AVC. Ces handicaps peuvent être de plusieurs types :

  • Moteurs : hémiplégie d’un ou de plusieurs membres, sourire asymétrique…
  • Sensitifs : Troubles de la vision (hémianopsie), du toucher (hémiparesthésie), ou encore une ignorance des symptômes (anosognosie).
  • Cognitifs : troubles de la mémoire, des fonctions exécutives ou encore troubles du langage (aphasie)

Parmi les personnes ayant survécu à un AVC, 25 % présentent une démence dans les 5 ans suivant l’AVC et 50 % font une dépression dans l’année suivant l’AVC. De manière générale, le facteur de risque le plus important est l’hypertension artérielle chronique. En effet, les risques d’avoir un AVC augmentent de façon linéaire par rapport à la valeur artérielle.

À court terme, les traitements existants ne peuvent être utilisés que quelques heures après l’AVC pour pouvoir agir correctement et mettre un terme à l’AVC.

À long terme, les traitements de l’AVC sont destinés à prévenir l’apparition de nouveaux caillots sanguins chez les patients ayant subi un AVC ischémique. Les médecins prescrivent généralement des antiagrégants plaquettaires comme l’aspirine.

 

Une nouvelle piste de traitement ?

 

En 2017, une équipe de chercheurs INSERM a démontré que la N-acétylcystéine (NAC) est capable de déboucher les artères obstruées par un caillot sanguin.

La NAC est utilisé habituellement comme traitement pour favoriser l’expulsion du mucus par les voies aériennes. Elle est plus connue sous le nom de Mucomyst®, Exomuc® ou encore Fluimucyl®.

Mais comment un expectorant peut jouer un rôle sur des caillots sanguins ? Pour cela, il faut comprendre le mode de fonctionnement de la NAC. Celle-ci casse les liaisons moléculaires entre les protéines de mucines (constituant du mucus). Une fois les liaisons cassées, les macromolécules de mucine sont découpées en petits fragments qui sont plus fluides et donc plus faciles à expectorer.

Ce même type de liaison est retrouvé dans les vaisseaux sanguins et amène à la formation de thrombose. Le facteur de von Willebrand est alors la protéine possédant la capacité de provoquer l’agrégation des plaquettes et donc la formation de caillots sanguins.

Les chercheurs ont alors pu démontrer que l’injection intraveineuse de NAC permet de fragmenter les caillots sanguins et débouche ainsi les artères. Ils auraient même pu montrer que ce traitement est bien plus efficace que les traitements actuels.

Toutefois, les études n’ont pour le moment été menées que chez des modèles d’AVC ischémiques donc chez des animaux, mais les chercheurs souhaitent poursuivre leurs travaux par un essai clinique.

L’AVC est une donc maladie urgente, il est important de prendre en charge le patient rapidement afin d’éviter un maximum de séquelles. Il est alors nécessaire de sensibiliser la population générale aux différents symptômes de l’AVC pour pouvoir réagir le plus rapidement possible.

 

Les symptômes sont les suivants

 

  • Paralysie ou engourdissement du bras ou de la jambe en particulier d’un côté du corps.
  • Ou difficultés à parler ou à comprendre, confusion.
  • Mais cela peut aussi être un trouble visuel d’un ou des deux yeux.
  • Ou un trouble de la marche, de l’équilibre ou de la coordination, vertiges.
  • Enfin, le mal de tête aigu.

Dès l’apparition d’un ou plusieurs de ces symptômes, il faut impérativement appeler le SAMU (15). En attendant leur arrivée, la personne victime doit rester allongée. Dans tous les cas, au moindre doute, il est préférable d’appeler les secours même si finalement ce n’est pas un AVC.

En effet, comme le précise l’adage : « Il vaut mieux prévenir que guérir ».

 

L'impact des outils numériques sur le cerveau 2

Charlotte TOSO
Rédactrice en Financement de l’Innovation
ABGI France

 


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Bibliographie

 

  1. Campbell B. C. V. et al., Ischaemic stroke, Nature Reviews, 2019, p. 1-22.
  2. Karuppagounder S.S. et al., N-Acetylcysteine Targets 5 LipoxygenaseDerived, Toxic Lipids and Can Synergize With Prostaglandin E2 to Inhibit Ferroptosis and Improve Outcomes Following Hemorrhagic Stroke in Mice, Annals of Neurology, 2018, p. 854-872.
  3. Sabetghadam M. et al., Evidence for a Beneficial Effect of Oral N-acetylcysteine on Functional Outcomes and Inflammatory Biomarkers in Patients with Acute Ischemic Stroke, Dove Press : Neuropsychiatric Disease & Treatment, 2020, p. 1265-1278.
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