Filière Auto : État des lieux proposé par ABGI

Après avoir connue de belles années, l'industrie automobile était en perte de vitesse ces dix dernières années. La crise COVID-19 n'arrange rien. Cependant l'écosystème résiste au mieux et bénéficie, en France, d'un plan de relance exceptionnel. Dans ce contexte, ABGI a souhaité proposer un état des lieux de la filière Auto.

État des lieux de la filière Automobile

 

En 2019, la filière automobile représentait 4 000 entreprises pour 400 000 emplois. Celle-ci a perdu quasiment 1/3 de ses employés en 20 ans. La filière était donc déjà en perte de vitesse avant la crise COVID-19 [1]. En effet, le pic de production de véhicules a été connu en 2004 avec 3,4 millions de véhicules produits. Puis, il retombe à un niveau autour de 2 millions en 2019 [2]. La principale raison évoquée par les constructeurs est, sans surprise, le coût du travail en France qui pèse sur la compétitivité industrielle [2].

Cependant, les délocalisations qui ont été, et sont, opérées concernent principalement la production. La R&D de la filière, quant à elle, s’est maintenue à niveau (Figure 1) et n’a pas suivi la tendance générale de la filière.

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Figure 1 : Evolution des dépenses de R&D dans la filière Automobile [3].

 

Focus sur la R&D du secteur

Alors que le coût du travail pénalise l’activité industrielle française, des dispositifs incitatifs, et principalement le Crédit Impôt Recherche, permettent à la France d’afficher une compétitivité intéressante sur le coût moyen du chercheur (Figure 2).

Coût moyen d'un chercheur-CIR-ABGI-France

Figure 2 : Coût moyen du chercheur après incitation

 

En 2017, l’industrie automobile était la première branche en matière de dépenses intérieures de R&D avec des dépenses au niveau national de 4,26 milliards d’euros [3][4]. Ces dépenses se sont maintenues au-delà de 4 milliards depuis. Il est intéressant de noter que la crise des Subprimes n’avait créé qu’un léger fléchissement de 2% en 2009 et 2010, preuve de l’importance et de la résilience de la R&D dans la filière [3].

 

L'impact de la crise COVID-19 chez nos clients de la filière Auto

 

Cependant, l’impact de la crise COVID-19 sur la filière est bien plus important que ce que nous avons pu connaître sur les dernières décennies. En effet, la filière automobile aura été l’une des plus durement touchées. A l’annonce du premier confinement, les ventes ont été très fortement ralenties, et certaines entreprises du secteur ont pratiquement stoppé leur activité en ayant largement recours au chômage partiel. Malgré une hausse des ventes à la mi-année, le second confinement est venu enrayer cette reprise et créer toujours plus d’incertitudes qui subsistent encore aujourd’hui.

Dans l’attente de la publication des chiffres actualisés concernant les dépenses R&D au niveau national, nous nous sommes intéressés à l’impact de la crise COVID-19 sur les dépenses de Recherche et Développement des acteurs du secteur Automobile que nous comptons parmi nos clients. Ceux-ci représentent plus de 10% du Crédit d’Impôt Recherche annuellement déclarées et nous permettent donc d’établir, a minima, des premières tendances.

  • Sans surprise, les dépenses de R&D dans la filière Automobile ont diminué pour la quasi-totalité des entreprises.
  • Le chômage partiel a été utilisé de manière quasi-systématique.
  • Les montants de Crédit Impôt Recherche, pour la majorité de nos clients, sont en baisse.

A l’exception des premier et dernier déciles, les équipementiers automobiles, qu’ils soient de rang 1 ou 2, ont vu une baisse de leurs dépenses R&D, et a fortiori de leur Crédit Impôt Recherche, comprise entre 17 et 35%. Une corrélation directe a pu être observée chez nos clients entre l’impact de la crise COVID-19 et la dépendance aux filières sinistrées (principalement automobile et aéronautique).

 

Les stratégies adoptées pour envisager l'après crise

Les stratégies adoptées varient d’une entreprise à l’autre. Certaines, notamment chez les TPE/PME et petites ETI, ont pris le parti de tenir bon et de tenter de bénéficier d’un PGE et du Plan de Relance [6]. D’autres, et plus particulièrement les Grandes Entreprises, ont transformé cette menace en opportunité de redéfinir leurs Roadmap R&D. Des plans d’investissements ont ainsi été communiqués et ont confirmé cette volonté de fournir des efforts conséquents sur des thématiques porteuses telles que :

  • la décarbonation,
  • l’électrification [7],
  • l’hydrogène
  • ou encore la connectivité et les véhicules autonomes.

Ces perspectives leurs permettent de bénéficier des aides du Plan de relance [6] et d’améliorer la confiance des parties prenantes et marchés.

Il est encore difficile de préjuger des conséquences à moyen ou long terme qu’aura la crise sanitaire que nous connaissons. Une chose est sûre, celle-ci aura permis de démontrer la capacité de la filière à se réinventer et probablement à accélérer la recherche sur les technologies de demain.

 

 

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Adrien LESCARBOURA
Manager Opérationnel
ABGI France

 

 


Bibliographie

[1] Usine Nouvelle - Avant le Covid 19, la filière automobile française connaissait déjà la crise 

[2] Webinaire : Avenir de la filière automobile : quelles perspectives pour le secteur en France (13/10/2020).

[3] CCFA 2019

[4] Etude INSEE


Lectures associées sur la Filière Auto

[5] Observatoire du CIR publié par ABGI.

[6] Comprendre le Plan de Relance en 5 minutes.

[7] La Filière Transport résiste bien face à la crise actuelle.

Plan de Relance focus automobile

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